Bruits de Marché

Japon : la récession n’est pas synonyme d’échec des « Abenomics »

Contre toute attente, l’économie nippone est entrée en récession au troisième trimestre 2014 (après deux trimestres consécutifs de baisse du PIB). Concernant la réaction des marchés, une certaine agitation initiale a généralement fait place à une grande indifférence. Néanmoins, cette nouvelle a suscité de nombreux débats quant à l’éventuel échec de la politique de relance du gouvernement de Shinzō Abe, dite « Abenomics ».

Cette spéculation nous semble toutefois prématurée. Les principaux facteurs incriminés sont les stocks des entreprises (l’un des composants de l’investissement des entreprises) et la consommation des ménages. Cependant, si l’on observe l’historique à long terme de la contribution de ces composants sur le PIB nippon, la variation au troisième trimestre (entourée en rouge sur le graphique ci-dessous) n’est pas considérable. Même si la contraction de l’investissement des entreprises semble minime par rapport à la plupart des trimestres passés, en excluant ce composant, le PIB aurait en réalité progressé de 1% au troisième trimestre 2014. Par ailleurs, la focalisation sur la variation des stocks pour expliquer cette contraction semble procéder d’un excès d’analyse, dans la mesure où les stocks, en tant que catégorie, ne peuvent être calculés qu’indirectement par l’intermédiaire d’un autre calcul.

Japan GDP_FR

Dans le même temps, la hausse de la consommation des ménages en glissement trimestriel a été inférieure aux attentes, de toute évidence en raison des effets persistants de l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) survenue en avril dernier. Toutefois, la comparaison avec le niveau de cette composante au deuxième trimestre (cf. graphique ci-dessus) laisse déjà présager que l’impact de ce relèvement ne sera que de courte durée. La prochaine augmentation prévue de la TVA a déjà été reportée.

Concernant les perspectives de l’économie japonaise dans son ensemble, les évolutions observées au cours des douze derniers mois sont plutôt encourageantes. Pour la première fois depuis des années, le yen faible a soutenu une inflation des prix et bien que les salaires n’aient pas vraiment suivi, le Japon se trouve fondamentalement en situation de plein emploi. Du côté des entreprises, les bénéfices ont créé la surprise en étant supérieurs aux attentes et les dividendes ont fait l’objet d’une croissance saine. Autant de raisons qui enjoignent à l’optimisme et pourraient se révéler positives pour les marchés actions japonais. Selon nous, les faits à long terme ne plaident pas pour des perspectives plus défavorables. Mais comme d’habitude, les analystes trouvent toujours dans les données à court terme des éléments sur lesquels fonder leurs opinions, en fonction de leur humeur, haussière ou baissière.


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